une interview de Regardencoulisses.com datant du 01-11-03

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une interview de Regardencoulisses.com datant du 01-11-03

Message  christelle administrateur le Dim 16 Mar - 21:27

Le nouveau Rhett Butler


Après Titanic, West Side Story et Roméo et Juliette, Vincent Niclot poursuit son parcours dans la comédie musicale avec Autant en emporte le vent. Dans le nouveau spectacle musical de Gérard Presgurvic inspiré du roman de Margaret Mitchell, il incarne Rhett Butler, personnage rendu célèbre au cinéma par Clark Gable. Après un mois de représentations, cet artiste passionné nous parle de son expérience et nous livre son regard sur le spectacle

Vincent Niclot, quel est votre parcours artistique ?

J’ai commencé par une formation de comédien. J’ai eu la chance d’être dans un lycée qui proposait une option Art Dramatique. J’y ai tout de suite pris goût. Ensuite pour me perfectionner j’ai suivi les cours Simon, les cours Florent et un stage à l’Actor Studio. Parallèlement à mes cours de comédie, j’ai voulu travailler l’expression corporelle, on m’a conseillé la danse. J’ai fait deux ans de danse moderne. J’ai vite trouvé un agent et j’ai eu la chance de passer de spectacle en spectacle sans vraiment de coupure, j’ai fait aussi un peu de cinéma et des publicités. La comédie me plaisait beaucoup mais je me suis vite aperçu qu’il me manquait quelque chose. Comme j’étais très attiré par la comédie musicale, j’ai pris des cours de chant avec un professeur de l’Opéra de Paris, Thierry Dran. Grâce à lui, j’ai commencé une vraie formation très classique. Et puis j’ai été pris pour jouer dans Titanic à Liège, ma première comédie musicale.

Quels souvenirs gardez-vous de Titanic ?

J’en garde un souvenir merveilleux. J’ai vraiment commencé par quelque chose de très classieux. C’était quand même dans un Opéra (l’Opéra Royal de Wallonie) donc là on ne rigole pas, la rigueur est implacable. Sur une partition comme Titanic, la voix est vraiment considérée comme un instrument, on travaille avec cinquante musiciens, on n’a pas le droit à un seul écart. Il y avait un énorme décor, nous étions une cinquantaine sur scène, je me suis dit " c’est pas vrai, je vis un rêve " !

Vous avez également joué Tony, le rôle principal, dans une production de West Side Story…

Oui c’était à la Halle aux Grains à Toulouse. Là aussi c’était une fabuleuse expérience. La partition est assez proche du lyrique, prenez la chanson " Maria " par exemple. Il y avait une formation de vingt musiciens.

Vous avez commencé par deux comédies musicales de tradition anglo-saxonne avec un orchestre, ça ne vous manque pas trop aujourd’hui ?

J’aimerais beaucoup revivre une telle expérience, un orchestre c’est irremplaçable. Quand on a vingt violons qui vous accompagnent, ça vous hérisse le poil, ça n’a rien à voir avec une bande. Evidemment ce serait génial qu’il y ait un orchestre sur Autant en emporte le vent mais voilà c’est une grosse structure qui coûte chère, et les musiciens n’ont pas été intégrés.

Vous avez repris le rôle de Roméo dans Roméo et Juliette, c’était votre première expérience dans un grand spectacle musical " à la française "…

En fait j’avais été engagé sur Tristan et Yseult, j’ai fait la promotion avant le spectacle. Mais là on m’a proposé de reprendre le rôle de Roméo sur la dernière tournée. C’était un univers que je ne connaissais absolument pas. J’avais toutefois envie d’intégrer une grosse structure comme celle-là, je savais que j’allais apprendre énormément. Je ne le regrette pas du tout. Se retrouver devant un public aussi nombreux tous les soirs, c’est incroyable, c’est immense ce qu’on peut recevoir, il faut le vivre pour le comprendre.

Votre participation à ce premier spectacle musical de Gérard Presgurvic vous a-t-elle aidée à obtenir le rôle de Rhett Butler dans Autant en emporte le vent ?

Non pas du tout. Tout le monde croit que ça m’a aidé, mais au contraire, ce fut plutôt une affaire difficile pour moi. Quand j’étais sur Roméo et Juliette, j’entendais des bruits de couloir qui disaient que Autant en emporte le vent allait se monter mais qu’ils ne voulaient pas auditionner les gens de la troupe. J’ai quand même envoyé un dossier sans mentionner bien sûr que j’étais sur Roméo et Juliette. Au bout de la troisième audition, j’ai quand même dû le leur dire, ce qui m’a joué des tours parce qu’ils ne voulaient vraiment personne de l’équipe. Finalement j’ai eu le rôle, mais après quel parcours ! Je crois que ça a duré huit mois et que je les ai vus sept fois. Franchement il faut s’accrocher !

Que connaissiez-vous de Autant en emporte le vent ?

J’avais vu le film quand j’étais petit, il ne m'en restait qu’un très vague souvenir. Le soir où j’ai été sélectionné, je me suis empressé de lire le roman et de revoir le film. Et là j’ai compris que j’étais engagé dans une sacrée belle histoire

Vous n’aviez pas peur de reprendre le rôle de Rhett Butler immortalisé par Clark Gable ?

C’était ma hantise ! Je savais parfaitement qu’on allait m’attendre au tournant et qu’on ne me ferait pas de cadeaux. C’était très difficile de passer après un tel mythe du cinéma. J’ai donc énormément travaillé le personnage, je ne voulais pas me rater. Je me suis beaucoup inspiré du roman pour l’aspect psychologique, je me suis fait ma propre idée du personnage qui est très attachant, tout en complexité, c’est ça qui est intéressant. Le film m’a davantage aidé pour l’aspect comportemental et pour m’imprégner de l’ambiance de l’époque. J’avais besoin de savoir comment on se tenait, comment on faisait un baisemain par exemple.

Que pensez-vous de l’adaptation de Gérard Presgurvic ?

Gérard a un vrai talent, il a le sens du populaire. Il arrive à réunir toutes les catégories et tous les âges de la petite fille à la grand-mère. Même s’il a beaucoup été attaqué sur ses textes, je trouve qu’il a fait un super travail, le public est à nouveau là pour le souligner, et pourtant ce n’était pas facile d’adapter un " monstre " comme Autant en emporte le vent ! Quand on part d’un roman de 1200 pages ou d’un film de quatre heures pour en faire un spectacle de deux heures, on est obligé de faire des raccourcis et des coupures. Je trouve qu’avec Kamel, ils sont vraiment parvenus à ce que le public comprenne tout grâce aux scènes de comédie qui sont très concises mais très importantes pour avancer dans l’histoire.

Vous parlez de Kamel Ouali, quel regard portez-vous sur son travail de metteur en scène ?

Kamel c’est une grande rencontre dans ma vie. Pour moi, il a du génie. Je savais qu’il allait faire quelque chose de très bien pour les chorégraphies et qu’il aurait une bonne vision artistique d’ensemble du spectacle parce qu’il a beaucoup de goût. En revanche c’est vrai qu’au départ je me posais des questions sur la mise en scène, une première. Mais le résultat est là, il a fait un fabuleux travail. Humainement c’est aussi quelqu’un d’exceptionnel qui nous a toujours parlé avec beaucoup de respect.

Au final, le spectacle est-il à la hauteur de vos espérances ?

Et même au-delà ! Dès qu’on a commencé à faire les premiers filages, on s’est aperçu qu’on tenait vraiment quelque chose de bien. Les premières réactions du public ont été formidables, on a une standing ovation presque tous les soirs, c’est le plus important. A titre personnel, j’ai un rôle très bien construit, à multiples facettes, je suis comblé. Je prends de plus en plus de plaisir, en crescendo. Je me nourris chaque soir davantage du travail de mes partenaires qui ont tous beaucoup de talent. En plus il y a une très bonne ambiance dans la troupe. Ce que j’apprécie particulièrement sur ce spectacle c’est que danseurs et chanteurs ne font qu’un, ce qui est assez rare. Chacun y a mis du sien, on a fait tomber les barrières, avec les techniciens aussi. C’est une belle aventure humaine.

Avez-vous déjà songé à l’après Autant en emporte le vent ?

J’ai la tête sur les épaules, je sais très bien que dans ce métier-là, il y a des hauts et des bas. J’aimerais beaucoup continuer dans la comédie musicale, j’ai d’ailleurs déjà un autre projet. Et puis en même temps j’aimerais faire quelque chose de plus personnel, dévoiler un peu ce qui est au fond de moi. Cela va se traduire par un album que je prépare tout doucement. J'éprouve aussi beaucoup de plaisir à jouer la comédie, j'ai déjà reçu des propositions. Il faut ouvrir un peu les mentalités, un artiste ne doit pas être cantonné dans un seul registre, il peut faire aussi d’autres choses. Mais pour l’instant je savoure pleinement l’instant présent. J’ai encore du mal à croire ce qui m’arrive, je suis comme un gosse émerveillé !
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